Sujet d’actualité suite à la mise en exergue du phénomène des « fake news », les bulles informationnelles étaient au programme d’une conférence animée par Thibault Renard sur I-Expo.
Avec le temps, les internautes prennent conscience que les algorithmes des plateformes internet les enferment progressivement dans ce que l’on appelle une « bulle de filtre », longtemps appelée “chambre d’écho”.

Au fil de l’eau, chacun s’est aperçu que malgré la diversité d’informations présentes sur Internet, les algorithmes des moteurs de recherche et des réseaux sociaux personnalisent l’information selon l’historique de la navigation de chacun. Pour Jérôme Bondu d’Inter-Ligere, « Internet nous a fait croire que nous allions être délivrés des bulles informationnelles d’une époque où les lecteurs avaient le choix entre la presse bourgeoise et la presse ouvrière. Mais, Internet a reconstitué ces bulles informationnelles. »

Pire, l’individualisation de l’information confine chacun dans sa bulle informationnelle. De plus, comme le notait le consultant Serge Courier, « il devient de plus en plus difficile d’analyser les algorithmes. Celui de Facebook prend en compte 100 000 variables. Même la vitesse de lecture est prise en compte pour évaluer la position dans laquelle on lit ! »

Les veilleurs n’échappent pas à la chambre d’écho

biais cognitif

Quelques biais cognitifs courants

Les professionnels de la veille sont eux aussi soumis à leur “bulle de filtre” créée par les plateformes, mais aussi par les divers biais cognitifs propres à tout être humain. Comme le rappelait Thomas Durand, animateur de la chaîne Youtube La Tronche en Biais pour qui « le problème n’est pas le Web, mais notre comportement fait de jugement hâtif, d’intuitions fautives, de surestimation de nos capacités…Personne n’est immunisé contre les biais cognitifs. »

Le plus répandu étant le biais de confirmation qui tend à nous faire écarter toute information contradictoire avec nos croyances, et ce afin de réduire la dissonance cognitive.

Veilleur : sortir de sa zone de confort et critiquer ses recherches

Pour échapper à ces biais, les conférenciers présents ont exhorté les veilleurs à réévaluer leur pratique en s’obligeant à trouver de nouvelles sources d’informations et à sortir de leur zone de confort. Ainsi, Serge Courrier incite les professionnels à réviser leur champ lexical lors des recherches par mots clés et varier les termes de recherche. Pour Serge Courier, « le langage est dynamique et les termes évoluent », ce qui induit le recours à la multiplication des termes recherchés en faisant appel au dictionnaire des synonymes, à des thésaurus et à une exploration du corpus cible entre autres. Des pratiques qui passent aussi par un réglage des plateformes utilisées. Ainsi, les moteurs de recherche de Twitter ou de Linkedin ne prennent pas en compte le féminin/masculin ni le singulier/pluriel.

Bref, en veille comme ailleurs, cent fois sur le métier votre ouvrage…

Mieux, vous pouvez aussi confier votre mission de veille aux experts de SVP Intelligence

Grégoire Henrotte, directeur des Veilles SVP Intelligence