Un français sur deux aurait un problème de sommeil. La faute aux bruits, à la pollution lumineuse et la multiplication des écrans entre autres. Pour aider chacun à retrouver le sommeil, la technologie se met en quatre.

 

Avec 6h42 en moyenne par nuit contre 8h préconisées par la médecine, les Français ne dorment pas assez, et en souffrent pour 1 français sur 3 selon l’INSERM. Ces troubles du sommeil ne sont pas sans conséquence : cancer, accidents, obésité, maladies cardiovasculaires, système immunitaire affaibli, matière grise réduite, la liste des effets collatéraux est longue.

Les responsables de cette réduction des nuits ne sont pas difficiles à identifier : lumière bleue des écrans qui réduit la mélatonine, indispensable à une bonne nuit ; multiplication des écrans ; stress, bruit et autre pollution lumineuse, autant de coupables idéaux. Pour retrouver un cycle normal, chacun cherche le levier idéal : literie de qualité, aides au sommeil en vente libre, somnifères… des marchés conséquents : 1,4 md d’euros de CA pour la literie, 227 M€ pour les aides au sommeil souvent à base de mélatonine, 140 M€ pour les somnifères. Un marché florissant et d’avenir.

Au XXIème siècle, la technologie tente aussi de pallier soit les causes, soit les effets, des sources de l’insomnie. À commencer par les filtres à lumière bleue, cette lumière à la longueur d’ondes proches des UV, dommageables pour les yeux, mais aussi sur la production de mélatonine : lunettes, filtres en tous genres, le marché abonde en outils. Las. Au mieux, la réduction de lumière bleue est au maximum de 30 %, quelle que soit la technique utilisée. Les spécialistes sont unanimes, seule la modération dans la consommation d’écrans est efficace.

 

Quelles technologies pour mieux dormir ?

Hormis les réducteurs de lumière bleue, les aides technologiques au sommeil peuvent être classées en trois grandes catégories :

  • les traqueurs de sommeil : pour analyser et corriger les cycles
  • des applications pour aider à s’endormir
  • des objets du quotidien dédiés à l’endormissement

Pour les aides, certains distinguent deux catégories alternatives : « wearable » et « non wearable ». Une classification pour segmenter le marché et mieux l’analyser.

Les traqueurs et aides au sommeil

Avec l’avènement des montres et objets connectés, il était tentant d’utiliser cet objet pour mesurer le sommeil. Samsung, Apple, Xiaomi, tous les fabricants de montre connectées proposent une application pour analyser vos cycles de sommeil. Avec plus ou moins d’efficacité au final. Du côté des spécialistes, Fitbit propose « sleep better », un programme de mesure du sommeil grâce à sa montre connectée. Couplée à une application, la montre mesure les cycles du sommeil, analyse les différentes phases et délivre des programmes personnalisés en fonction de vos objectifs et des mesures réalisées. Outre Fitbit, récemment racheté par Google, les acteurs du monitoring du sommeil sont nombreux : Phillips Healthcare, Emfit, Garmin, ResMed, Nokia, Sleepace, Misfit, Polar, Beddit. Certains se distinguent avec des solutions efficaces.

 

A l’instar de Phillips Healthcare. En 2018, le fabricant livrait « Smartsleep », un bandeau doté de 2 capteurs de votre activité cérébrale. Un algorithme motorisé par de l’intelligence artificielle, mesure les différentes phases de votre sommeil et selon le cycle ou vous vous trouvez, renforce votre sommeil en envoyant des sons spécifiques.

À noter que chaque année à l’occasion du jour du sommeil, Philips réalise une étude dans 12 pays pour traquer les comportements face au sommeil.

Le casque deepsleep de Philips est utilisé par la NASA pour suivre le sommeil des astronautes durant l’exploration spatiale.

Le cerveau à la rescousse

Outre la solution de Philips, la NASA a aussi sélectionné Sleep Genius, une application destinée à aider les astronautes à dormir. Application sonore, le système audio entraîne le cerveau à suivre les rythmes naturels du sommeil pour accélérer l’endormissement. À chaque cycle, l’application adapte les sons et approfondit le sommeil. Pour la nuit ou les siestes.

Tout aussi sophistiqué, EMFIT QS utilise des capteurs positionnés sous le matelas pour mesurer les battements cardiaques et l’analyse des mouvements respiratoires. Ce capteur ferro-électret est ultra-sensible et ne nécessite aucune alimentation. Couplé à une électronique distante, il transmet les données par wifi ou cellulaires à des fins d’analyse. Destiné aux sportifs ou personnes actives, ce traqueur audite le sommeil, mais ne fournit pas de programme pour mieux dormir.

Même principe pour Beddit qui s’accompagne d’une application de monitoring et de conseils pour améliorer ses nuits, tout comme SleepSCore de RESMED suit la progression du sommeil en s’appuyant sur 32 paramètres. Fort de ces informations, l’application vous donne des conseils personnalisés et scientifiques.

Méditer pour mieux dormir

S’il est possible d’influencer le cerveau en utilisant l’intelligence artificielle, chacun peut aussi tenter de dompter ses cycles en ayant recours à la méditation. Scientifiquement prouvé et adopté depuis la nuit des temps,  la méditation est un outil précieux pour retrouver le calme et préparer le cerveau à se reposer. En 2019, deux applications de méditation ont explosé : Calm et petit Bambou. Point commun de ces deux applications, elles utilisent la psychologie positive et la sophrologie (autre nom de l’auto hypnose) pour retrouver le calme et la sérénité nécessaire au sommeil.

Ces deux applications comprennent des effets sonores, utiles pour se relaxer. C’est aussi ce que propose White Noise Lite, une application  avec différents bruits blancs, sorte de souffle, qui possède des fonctions apaisantes. Il est d’ailleurs recommandé pour endormir les bébés. Sons encore avec Relax Melodies qui diffuse des ambiances sonores (eau, pluie, mer…) et une aide à la méditation. Autre application de méditation, « Insight Timer » dit receler le plus large guide de méditation avec 30 000 sessions disponibles, censées là aussi aider à dormir.

Tout n’est pas connecté

Tendance à venir ? Le recours aux objets non connectés s’inscrit en tout cas dans une volonté de certains à éviter à la fois les ondes liées au téléphone et le recueil de données. Pour accompagner ce courant, la startup AudioZen propose le bien nommé Morphée, un support audio de méditation et de sophrologie enchâssé dans une coque en bois de hêtre. Fonctionnant avec un système de clés en guise d’interrupteur, l’utilisateur peut choisir parmi 7 thèmes l’objet de sa méditation. Déjà vendu à 20 000 exemplaires, l’objet déconnecté promet un sommeil rapide.

Enfin, n’oublions pas la lumière, les fabricants redoublent là aussi d’efforts pour proposer des éclairages propices à la somnolence. Ainsi, le fabricant de luminaires Lucibel propose un éclairage qui ne perturbe pas le rythme biologique, contrairement aux lumières classiques riches en bleu. Pour ce faire, l’éclairage est modulable de 2700 à 1620 K, soit une lumière chaude à même d’accroître la mélatonine. Le nom de cet éclairage ?  Hypnos…