L’évolution du marché des équipementiers automobile repose sur deux principaux piliers : les ventes de véhicule et les évolutions technologiques.

Bonne nouvelle sur le premier plan, 2016 a été une année record en France avec 5,1% de croissance des immatriculations. Une croissance qui confirme le redressement du marché en France et en Allemagne déjà établi à +8% pour la France et +2,3% pour l’Allemagne entre 2014 et 2015. Les évolutions technologiques sont nombreuses. En plus des métiers traditionnels, les équipementiers investissent désormais dans les nouvelles technologies, tant sur la motorisation électrique que l’intelligence artificielle destinée aux véhicules autonomes. Des investissements nécessaires, mais qui absorbent une partie de leur marge.

France – Allemagne : un match déséquilibré, mais compétitif

Deux marchés foncièrement différents. L’Allemagne est l’incontestable N°1, tant en exportation de véhicules que d’équipements. L’automobile représente 20% du secteur industriel Allemand (en 2015) avec 41% de la production mondiale sur le segment premium et 22,7% des exportations mondiales de pièces automobiles.1 voiture sur 5 dans le monde est Allemande
La France, pour sa part, perd des parts de marchés au profit de nouveaux acteurs européens – en particulier la Roumanie et la Slovaquie -, passant de la 4ème place en 2004 à la 7ème place des fournisseurs d’équipements.

Au global, l’Europe représentait 45,3% des exportations mondiales d’équipements en 2015.

Les équipementiers français de premier rang sont d’ailleurs modérément optimistes pour 2017 du fait d’un paysage en recomposition. D’un côté, il y a une forte nécessité d’investir dans la R&D pour anticiper l’essor des véhicules électriques autonomes et connectés : en 2015, 90% des innovations automobiles portaient sur l’électronique et les logiciels.
De l’autre, le marché automobile est soumis à une forte volatilité avec une demande en baisse au Brésil et en Russie, des incertitudes sur les marchés africain et iranien et l’arrivée à maturité du marché en Chine.

part de marché des équipementiers

L’offre : consolider pour se développer

La mutation du marché avec l’avènement annoncé des voitures électriques, connectées et autonomes induit une consolidation des équipementiers de premier rang. Cette dynamique de fusion-acquisition devrait se poursuivre avec une réduction drastique du nombre d’équipementiers à la clé. A cette consolidation s’ajoute aussi des rapprochements entre équipementiers à l’image de Valeo et Siemens, alliés pour développer des systèmes de propulsion haute tension.

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source Roland Berger)

Malgré cette embellie, la France, forte de 200 équipementiers, voit ses parts de marché en volume reculer de 3% en 10 ans, contre une augmentation de la valeur de 4,2% à 15,6 milliards d’euros en 2014. De leur côté, les équipementiers allemands ont généré près de 75 milliards d’euros en chiffre d’affaires et ont maintenu leurs parts de marché.
Soyons optimistes, la relance des ventes automobiles crée un mouvement de reprise sur 2016 pour les équipementiers.

La demande : propulsée par les ventes

Selon le PDG de Valeo, le seul marché des composants pour véhicules électriques devrait afficher un taux de croissance annuel moyen supérieur à 20%. Pour accompagner cette mutation, les leaders français de l’équipement se rapprochent de l’Allemagne pour soutenir leur croissance, à l’image de Plastic Omnium dont Volkswagen (Groupe VAG) représente 17,5% des ventes, tout comme Valeo qui se rapproche de ses partenaires allemands, ou encore de Faurecia qui se tourne vers Tesla. Autant de rapprochements nécessaires pour assurer le développement sur un marché compétitif où les marges des équipementiers, de l’ordre de 7,5% en moyenne en 2015, ont tendance à se contracter.

Opportunités : un marché des équipementiers qui s’électrise

La hausse des ventes de véhicules légers sur les deux dernières années laisse entrevoir un potentiel de croissance pour les équipementiers. D’autant plus que les constructeurs renouvellent leurs gammes de véhicules à l’image de BMW, DAIMLER ou encore PSA avec la 2008 ou 3008. Pour PSA, ces bons résultats lui ont d’ailleurs permis de racheter OPEL pour 1,3 milliard d’euros, ce qui le positionne à la deuxième place en Europe derrière VAG.

D’autre part, le développement des véhicules électriques – en partie dû à la baisse des ventes des véhicules diesel-, soutient la croissance des équipementiers. La moitié des commandes sont effectuées sur des produits technologiques vendus depuis moins de trois ans. Avec 20% de croissance annuelle en moyenne, le marché de l’électrique représente un levier de développement significatif pour les équipementiers.

 

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