A l’origine, les mutations de l’emploi

L’évolution du contexte économique et la pression ressentie par les entreprises ont amené à des modifications des modes de travail et des contrats proposés aux actifs.

Le CDI est remis en cause depuis la crise de 2008 : 72% des cadres sont, en effet, convaincus que le CDI ne sera plus la norme à terme. D’ici 2040, une carrière professionnelle consistera en plusieurs centaines voire milliers de missions de courte durée.

Une transition professionnelle va donc avoir lieu : 87% des cadres estiment qu’ils expérimenteront plusieurs statuts dans leur carrière et 70% des digital natives se verraient travailler en tant qu’indépendants.

Les statuts continuent de se multiplier : auto-entrepreneurs, indépendants en portage salarial, salariés-entrepreneurs, « home-shorers », travailleurs à temps partagé, « slasheurs », etc.

De nouveaux espaces pour ces nouvelles formes d’emploi

Que ce soit les auto-entrepreneurs, les portés, les travailleurs à temps partagé, tous ont besoin d’un endroit pour travailler. D’ici à 2030, il sera plus courant d’utiliser des espaces de travail partagés, à l’instar des lieux de co-working, plutôt que de travailler à plein temps dans un bureau. En effet, seulement 7% des digital natives (18-30 ans) se verraient travailler dans un bureau classique.

409 espaces de co-working existaient en France en 2016. Ces espaces de travail partagés ont augmenté de plus de 192% entre 2013 et 2016, démontrant un intérêt particulier des Français pour ces lieux.

L’Ile-de-France concentre la majorité de ces espaces

140 espaces de co-working sont domiciliés en Ile-de-France en 2016, soit 35% de l’offre totale et Paris regroupe à elle seule 50% de l’offre de la région. La Cantine, devenu le Numa, pionnier en France depuis 2008, comporte aujourd’hui 7 lieux de co-working.

Une offre encore insuffisante

Pour les acteurs du co-working, le nombre d’espaces n’est pas suffisant pour répondre à la demande actuelle et future. En effet, 59,26% d’entre eux ont affirmé que l’offre disponible en termes de lieux de co-working dans leur ville n’était pas suffisante en 2015.

Afin de répondre à ce besoin, 61% d’entre eux avaient pour projet de développer leur espace en 2016, soit en s’implantant sur un autre site soit en offrant plus de places dans leur espace actuel.

L’offre de lieux de co-working devrait se développer pour répondre à une demande qui devrait augmenter dans les prochaines années.

Des besoins motivés par un état d’esprit différent

Bien que pour la majorité des co-workers, le lieu de travail est choisi en fonction de critères financiers, l’objectif est également de trouver des synergies avec d’autres travailleurs rencontrés dans l’espace, notamment issus d’autres corps de métier (c’est l’objectif poursuivi par 48% des co-workers).

La volonté des travailleurs indépendants est de se rapprocher et de s’organiser en communautés de travail. Les espaces deviennent ainsi thématiques : à Lyon, par exemple, la Food Factory regroupe sur 180 m² des co-workers travaillant sur la gastronomie et l’agroalimentaire.

Le nomadisme des travailleurs permis par les outils technologiques mais également par une nouvelle façon d’envisager une carrière professionnelle devrait se traduire par l’essor de lieux de travail en dehors des entreprises. Après l’avènement des open-spaces, les lieux de travail partagés semblent devenir un nouveau mode d’organisation.